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Le projet d’un forage sur l’Aubrac fait des vagues

Le projet d’un forage sur l’Aubrac fait des vagues

On mars 17, 2012, Posted by , In Articles de presse, By ,,, , With Commentaires fermés sur Le projet d’un forage sur l’Aubrac fait des vagues

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Paru dans Centre Presse le 15 mars 2012

Mené par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) qui se veut rassurant, ce projet suscite toutefois l’inquiétude. La colère même pour le conseiller général de Nasbinals.

Aloz. Tel est le nom du projet comme un nom de code mené par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) qui vise à améliorer les connaissances sur les nappes aquifères volcaniques sur l’Aubrac. En clair, connaître les eaux souterraines du plateau, en forant sur le secteur de Font Rouge entre Nasbinals et Saint-Chély-d’Aubrac, de façon «purement scientifique», précise Benoît Dewandel, chef du projet. L’Aubrac étant une « terre inconnue » dixit le chercheur. Des premières expérimentations ont eu lieu l’été dernier, et doivent, à nouveau, avoir lieu en mai prochain. « En toute honnêteté, c’est amener de la connaissance à tout le monde. Il n’y a aucun risque de dénaturer le site », poursuit-il, toujours en prenant des pincettes.

C’est que ledit projet fait grincer des dents. En particulier celles de Jean Aldebert, conseiller général de Nasbinals. « C’est la plus belle bêtise que l’on peut faire sur l’Aubrac. Ils vont nous souiller l’eau alors qu’il y a déjà de la sécheresse». Un projet qui inquiète donc, et divise.
Jean-Claude Fontanier, maire et conseiller général de Saint-Chély-d’Aubrac, dit «ne pas être opposé mais méfiant. Le projet, de ce que j’en ai compris, est d’aller voir à 300 m s’il y.. a des réserves importantes d’eau fossile pour exploiter les nappes phréatiques plutôt que les ruisseaux ». Un a priori positif qui l’est aussi pour Bernard Bastide, maire de Nasbinals. « Le BRGM étudie le sous-sol, c’est plus de la connaissance, de la recherche que de l’exploitation. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir. C’est la recherche qui fait avancer l’humanité. L’étude peut même rassurer les éleveurs».

Ce dernier argument est aussi avancé par le BRGM. Mais il est aussi précisé dans le projet que l’objectif scientifique s’accompagne d’un enjeu environnemental, social et économique pour «fournir les connaissances nécessaires pour envisager une exploitation durable de ses aquifères». Benoît Dewandel, une fois encore, se veut rassurant et transparent: « Le maximum de précautions est pris pour ne vexer personne. Nous voulons communiquer. Ce ne sont pas des études en catimini ». Pourtant, joint par téléphone, André Valadier, vice-président de l’association d’émergence du parc naturel régional (PNR) de l’Aubrac dit « ne pas être au courant de ce projet » situé au coeur justement du futur parc… Puis, après avoir pris quelques renseignements sur le projet Aloz, il rappelle que « l’eau est le sujet le plus important du futur PNR et que la moindre des choses est d’avoir des garanties absolues sur ce projet».

Et de conclure: « Je pense qu’on ne peut pas ne pas réagir par rapport à ce projet qui met en cause l’activité dominante sur le plateau, à savoir l’élevage, et ce, même si la gouvernance du PNR n’intervient que fin 2012 ».

OLIVIER COURTIL

Jean Aldebert organise une réunion d’information sur ce projet ce vendredi 16 mars à partir de 21 heures, Maison Richard à Nasbinals.

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